Historique de la régularisation du lac Winnipeg

L’histoire de la colonisation de la région entourant le lac Winnipeg révèle que les niveaux d’eau élevés et les inondations de terrain étaient des problèmes réguliers, entraînant des demandes continues en faveur d’action gouvernementale.

1958 – La Commission des lacs Winnipeg et Manitoba a conclu que la régularisation du lac Winnipeg en vue de procurer des avantages par rapport aux inondations et aux loisirs n’était pas pratique car le rapport coûts-avantages serait trop élevé. Toutefois, la régularisation du lac pour le développement hydro-électrique du fleuve Nelson pourrait devenir rentable en quelques décennies.

1963 – Le Gouvernement du Canada et la Province du Manitoba concluent la première d’une série d’ententes de partage des coûts pour enquêter sur la faisabilité du développement hydro-électrique du fleuve Nelson, y compris des ouvrages pour régulariser et gérer les niveaux d’eau du lac Winnipeg et les débits sortants coulant vers le fleuve Nelson.

1966 – Le Gouvernement du Canada et la Province du Manitoba conviennent de développer ensemble le potentiel hydro-électrique du fleuve Nelson. Le rôle du gouvernement fédéral consistait à financer les installations de lignes de transmission en courant continu qui permettraient d’acheminer l’électricité produite dans le nord du Manitoba vers le sud de la province.

1970 – Le premier ministre Schreyer annonce des plans de procéder au développement du lac Winnipeg pour maîtriser les inondations et à la régularisation du lac Winnipeg à des fins de production d’électricité.

1972 – Début de la construction de la centrale de Jenpeg.

1976 – Fin des travaux de construction.

La régularisation du lac Winnipeg

Le projet de régularisation du lac Winnipeg comprenait la construction :

  • de canaux de dérivation en vue d’augmenter considérablement le débit sortant potentiel du lac en hiver;
  • de la centrale et de l’ouvrage régulateur de Jenpeg;
  • d’un barrage à la sortie du lac Kiskitto pour empêcher l’eau de refouler dans ce dernier.

Les canaux de dérivation

Pour contourner les rétrécissements naturels du fleuve Nelson, il fallait construire trois canaux de dérivation.

  • Le Canal-de-deux-milles aide à « déboucher » le lac Winnipeg en augmentant le déversement naturel à Warren Landing. Le canal ouvre une voie entre le nord du lac Winnipeg et le lac Playgreen, à l’endroit où le bras de terre qui les sépare est le plus étroit, soit à environ 10 km au nord-ouest de Warren Landing. La largeur du canal est en moyenne 112 mètres au niveau du lit.
  • Le Canal-de-huit-milles relie le lac Playgreen à l’extrémité sud du lac Kiskittogisu, juste au nord du 54e parallèle. Le canal, qui augmente le débit sortant du lac Playgreen, est d’une largeur variant entre 130 et 300 mètres au niveau du lit.
  • Le canal de dérivation Ominawin contourne les rétrécissements naturels de la rivière Ominawin qui est la décharge du lac Kiskittogisu la plus au nord et qui se rend jusqu’au canal ouest du fleuve Nelson. L’excavation s’étend sur 2 300 mètres. Divisée au centre par une levée de pierres, elle comprend deux canaux larges de 172 mètres au lit.

Tous les trois sont d’une profondeur approximative de 7,6 mètres. Pendant les travaux d’excavation, on a extrait un total de 37,3 millions de mètres cubes de matériaux.

La centrale de Jenpeg

La centrale et l’ouvrage régulateur de Jenpeg sont situés sur la partie supérieure du fleuve Nelson au point de déversement du canal ouest du fleuve Nelson dans le lac Cross.

  • La fonction principale de Jenpeg est de régulariser le débit sortant du lac Winnipeg qui se jette dans le fleuve Nelson.
  • Sa fonction secondaire est de mettre à profit une chute mesurant 7,3 mètres pour la production de l’électricité.

Le bâtiment des machines et l’évacuateur de crues contrôlent le débit sortant du lac Winnipeg. La centrale a une capacité de production de 135 MW.

Le barrage Kiskitto

La construction de la centrale de Jenpeg et des canaux de dérivation a eu pour conséquence la hausse des niveaux d’eau des parties du fleuve Nelson qui sont en amont. Le barrage empêche l’eau de refouler dans le lac Kiskitto.

Le barrage mesure 600 mètres de longueur et 15 mètres de hauteur au maximum. Le lac Kiskitto est régularisé à l’intérieur de ses limites naturelles. Les niveaux d’eau sont contrôlés pour favoriser au maximum la vie aquatique, la faune et les activités récréatives.

Au total, 16 digues séparées, d’une longueur de 14 km, protègent le lac contre les niveaux d’eau plus élevés du canal ouest du fleuve Nelson.

Un conduit commandé par une vanne a été installé pour acheminer l’eau provenant du canal ouest du fleuve Nelson. On a aussi construit un petit canal et un ouvrage régulateur pour empêcher le lac de dépasser les niveaux normaux lorsque les précipitations sont abondantes.

Le déversoir du lac Cross

La régularisation du lac Winnipeg a produit un renversement des cycles des niveaux d’eau et des fluctuations qui se produisaient toujours au lac Cross, de sorte que le niveau tend à baisser au printemps et à monter à l’automne au lieu du contraire qui se produisait à l’état naturel. De plus, l’écart entre les niveaux minimum et maximum est plus grand qu’il ne l’était avant la régularisation.

Manitoba Hydro et les gens de la localité ont collaboré pendant bon nombre d’années pour trouver un moyen qui permettrait, en autant que possible, de rétablir l’environnement qui existait auparavant. En 1990, une entente a été conclue en ce qui concernait les mesures d’atténuation à prendre afin d’augmenter le niveaux d’eau minimum du lac Cross. Ces mesures comprenaient la construction d’un déversoir de pierres au coût de 9,5 millions de dollars et l’excavation d’un canal à la sortie du lac Cross. Les travaux de construction du déversoir du lac Cross ont été effectués en 1991.

Le déversoir a fait monter graduellement de presque 1,4 mètres niveau d’eau minimum du lac Cross. Un autre objectif de la construction du déversoir était de permettre d’évacuer plus d’eau du lac Cross pendant les inondations. Conséquemment, les fluctuations saisonnières se font de façon plus graduelle et plus modérée que par le passé. On continue à surveiller le déversoir pour vérifier son niveau d’efficacité.