Plus de renseignements dans cette section

Un milieu de travail positif revêt une grande importance pour un collègue transgenre

Cet article a été publié en juin 2021 et peut contenir des informations obsolètes.

Après 23 ans de carrière chez Manitoba Hydro, Jennifer Yurkowski a entrepris un grand changement. Après avoir vécu comme un homme sous le nom de Paul pendant environ un demi-siècle, elle a revendiqué son identité et vivra sa vie comme une femme. Jennifer a publié son histoire dans le bulletin d’information interne d’Hydro Manitoba en 2019, car elle voulait informer le plus grand nombre de collègues possible de sa transition et remercier ses collègues et ses supérieurs de l’avoir soutenue pendant les meilleurs et les pires jours de sa vie.

Jusqu’en 2020, Jennifer a travaillé dans le domaine des essais du plastique renforcé à la fibre de verre. Elle aidait à doter les travailleurs sur le terrain partout dans la province d’outils sûrs et appropriés à ce matériau.

« Les jours où je n’avais pas envie de venir travailler sont rares, a dit Jennifer. J’ai travaillé avec un groupe de personnes formidables au cours des ans. »

La satisfaction à l’égard de son travail n’était cependant qu’un aspect de sa vie.

« J’ai toujours su que je ne vivais pas dans le bon corps, a dit Jennifer. Dès mon plus jeune âge, je savais que j’étais différente. Je ne pouvais pas l’expliquer, mais je savais que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. La plupart des nuits, je m’endormais en souhaitant me réveiller en fille le lendemain. J’ai fini par comprendre que ça n’arriverait jamais. Mes souhaits et mes prières ne me permettraient pas de me réveiller en fille. »

À l’âge adulte, Jennifer a compris qu’elle souffrait de dysphorie de genre, mais elle ne pensait pas pouvoir effectuer une transition pendant qu’elle travaillait.

« Je voulais attendre d’être à la retraite pour faire ma transition. Je pensais qu’il y avait trop d’obstacles en milieu de travail, et c’est tellement délicat. J’ai repoussé l’idée pendant des années. »

Au travail, Jennifer trouvait une façon de s’en sortir.

« Le pire, c’était la nuit. J’avais du mal à dormir. Je ne sortais pas beaucoup, et quand je le faisais, je consommais de l’alcool pour faire face à la dépression. »

En 2013, Jennifer a décidé de faire sa transition.

« Quand j’ai décidé que ça ne pouvait plus attendre, j’ai commencé à chercher mes options en ligne. J’ai commencé à fréquenter un groupe de soutien. J’ai trouvé un psychologue et quand j’ai commencé à prendre des hormones, la dépression a disparu. »

Figure masculine avec ombre féminine.

Agrandir l’image : Figure masculine avec ombre féminine.

Soutien en milieu de travail

« J’ai informé Manitoba Hydro que j’étais transgenre lors d’une conversation que j’ai eue avec notre infirmière des services de santé, Lucy Byzio. Je me sentais très à l’aise, et c’est sorti tout seul. Depuis, Manitoba Hydro a été d’un grand soutien. Je ne dirai jamais trop à quel point tout le monde a été formidable. Ma transition a été lente, et je n’ai jamais senti que la société exerçait des pressions. »

Depuis que Jennifer a rencontré Lucy la première fois, il y a eu de nombreuses autres réunions, dont une à laquelle deux personnes du Rainbow Resource Centre étaient présentes.

« Ces personnes sont venues expliquer ce que c’est vivre une transition en milieu de travail », a dit Jennifer.

Dans le bulletin d’information interne de Manitoba Hydro en 2019, la conseillère chargée de veiller au respect en milieu de travail, Felicity Forbister, a clairement indiqué qu’il est important de connaître et de comprendre les droits de Jennifer comme personne. « La politique de Manitoba Hydro pour un milieu de travail sans discrimination et harcèlement et les procédures correspondantes définissent clairement les attentes de la société en ce qui concerne la contribution de chacun à un environnement de travail respectueux. Comme le précise la politique, la discrimination et le harcèlement fondés sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle sont strictement interdits, car ces caractéristiques sont protégées par le Code des droits de la personne. »

« Nous devons aller au-delà de la pratique normalisée et continuer à promouvoir un milieu de travail diversifié et inclusif pour tout le personnel de Manitoba Hydro, parce que c’est la bonne chose à faire. C’est pour cette raison que quand Jennifer est venue nous voir, nous avons veillé à ce que chaque étape de son parcours chez Manitoba Hydro se déroule à son rythme, et surtout, nous l’avons encouragée à raconter son histoire de la façon dont elle voulait la raconter », a affirmé Felicity.

Selon elle, il est important de reconnaître le courage qu’il a fallu pour annoncer ce changement.

« J’applaudis Jennifer, que vous avez été nombreux à connaître sous le nom de Paul, pour le courage qu’elle a montré en racontant son histoire et j’encourage chacun à montrer le même courage dans ses rapports quotidiens avec les autres. Le changement pourrait être difficile et inconfortable pour certains, mais ce n’est rien comparativement aux difficultés et aux craintes que Jennifer a confrontées dans sa vie. Il faut commencer par se mettre à sa place. »

Annoncer le changement

Au début, avec le soutien de la direction, Jennifer a écrit une lettre au personnel du service pour expliquer sa transition et les changements à venir.

« J’ai écrit la lettre il y a quelques mois pour éviter tout malentendu, a dit Jennifer. Je sentais qu’il était important d’informer tout le monde à l’avance de mon changement de nom et de sexe. Je voulais aussi que les gens de l’atelier sachent qu’ils pouvaient me poser des questions. »

En 2019, après des années de découverte de soi, de médicaments, d’hormones et de cours de chant, Jennifer a embrassé sa véritable identité de genre et a officiellement annoncé sa transition au personnel de l’atelier et à la société.

Note en marge

Depuis 2020, Jennifer travaille dans un autre secteur de l’atelier, où elle teste et remet à neuf des transformateurs monophasés sur socle. Elle continue de jouir du soutien de ses collègues et de la direction.

« Idéalement, les seuls changements seront mon nom et les pronoms utilisés pour me désigner, a dit Jennifer. Je comprendrai tout à fait si quelqu’un se trompe. J’ai passé 20 ans dans cet atelier, et je connais plusieurs personnes depuis le même nombre d’années. Ce sera difficile de changer sa perception tout d’un coup en quelques semaines ou quelques mois. »

Pour obtenir plus de renseignements

Pour en savoir plus sur la dysphorie de genre et l’identité de genre, visitez le Rainbow Resource Centre.