L’homme qui ne pouvait se faire pousser la barbe ne s’est pas laissé tirer par les cheveux

… et a gagné de l’argent ce faisant. Oui, vous avez bien lu!

Voilà une belle histoire qui a pris des proportions éloquentes : l’homme à la chevelure et à la barbe négligées a fini par faire une campagne de financement amusante pour la Société canadienne du cancer.

Tom Tonner et sa barbe de plus de 10 000 $

Tom Tonner et sa barbe de plus de 10 000 $

Agrandir l’image : Tom Tonner et sa barbe de plus de 10 000 $.

« Je suis allé travailler à Keeyask en novembre, raconte Tom Tonner, gestionnaire de Manitoba Hydro qui a survécu au cancer en 2002. Ça faisait six semaines que je ne m’étais pas fait couper les cheveux et quelques jours que je ne m’étais pas rasé. Mon apparence était négligée, et un de mes collègues m’a demandé quand j’allais me raser. J’ai rétorqué que ce ne serait pas avant la mise en service de la première centrale de Keeyask parce qu’on éprouvait des difficultés. »

Trois semaines plus tard, quand Tom est rentré chez lui avec sa nouvelle barbe, son épouse et ses trois enfants, âgés de 19, 21 et 22 ans, ont éclaté de rire.

« Mes enfants ne m’avaient jamais vu porter la barbe, poursuit Tom. J’avais essayé de la laisser pousser quand j’avais 22 ans, mais ça n’avait pas donné grand-chose. »

En fait, sa barbe avait si peu poussé que lorsque Ryan Ward, son collègue, lui a suggéré de se faire pousser la barbe comme les athlètes professionnels en fin de saison en attendant la mise en service de la première centrale, Tom a rétorqué que c’était impossible.

Mais il a clairement repris du poil de la bête. Le jeu de mots est voulu ici.

« Mes enfants m’ont dit de la garder et de demander aux gens de miser dessus et de voter pour décider ce que j’allais faire avec, ajoute Tom. Puis, un de mes collègues m’a dit qu’il faudrait me filmer en train de me raser. » C’est comme ça qu’une idée à faire dresser les cheveux sur la tête est née.

Des pailles dans la barbe de Tom Tonner

Cette barbe ne fait pas que ramasser les miettes. « Un de ces beaux soirs, mes enfants ont commencé à mettre des choses dans ma barbe pour voir ce qui se passerait. »

Agrandir l’image : Des pailles dans la barbe de Tom Tonner.

Tous les ans depuis avril 2002, quand il a su qu’il était guéri d’un lymphome hodgkinien de stade II, Tom fait du porte-à-porte dans son quartier pour ramasser des fonds pour la Société canadienne du cancer.

En temps de pandémie cependant, cela n’était pas possible. Tom a donc décidé de ramasser des fonds d’une autre manière pour compenser la perte de sa campagne de financement habituelle.

Queue de singe à l’honneur

« J’ai envoyé des courriels et des textos aux gens de ma division, à mes amis et aux membres de ma famille, leur demandant de m’aider à avoir l’air fou. Je leur ai donné des options de vote sur la coupe de barbe à choisir, poursuit Tom. Et la queue de singe est assurément en train de l’emporter. »

Puis Tom a promis de garder la coupe de barbe gagnante pendant un mois complet.

« Bien des personnes se sont excusées auprès de mon épouse pour leur vote », raconte Tom en riant.

Des fonds qui poussent plus vite que la barbe

« D’habitude, je ramasse entre 600 $ et 1 000 $ en faisant du porte-à-porte. Donc au début, je m’étais fixé un objectif de 1 000 $ », précise Tom.

Mais il a dû augmenter son objectif à maintes reprises parce qu’il a été dépassé plusieurs fois.

Quand cette histoire a été publiée dans l’infolettre des employés, d’autres dons se sont mis à entrer. Au moment de cette publication, Tom avait ramassé plus de 10 000 $ grâce à sa barbe.

« La générosité des gens est surprenante, avoue Tom. Mais en réalité, ça ne devrait pas me surprendre. Les gens d’ici sont comme ça. »

Tombé pile-poil

« Quand j’ai envoyé mes courriels, un ami m’a donné un coup de fil, explique Tom. Ça faisait un petit bout de temps que je ne lui avais pas parlé, et il m’a annoncé qu’il avait reçu un diagnostic de cancer récemment. Et c’est la raison derrière tout ça : tout le monde connaît quelqu’un qui a été touché par le cancer. Je suis content de voir que mon geste va aider les gens en temps de détresse. »

L’argent n’a pas de longueur

« Je suis très reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont aidé à concrétiser cet objectif. Le résultat est au-delà de toute espérance, renchérit Tom. Mon voisin m’a même offert ses services pour gérer ma campagne et l’a publicisée sur les médias sociaux. Ma barbe vaut cher maintenant. Si l’option de la queue de singe l’emporte, je lui ferai peut-être des rayures », conclut-il.

Dans le sens du poil

Vous avez des suggestions pour améliorer l’apparence de Tom? Suivez le lien Tommy takes a cut at cancer.

Qui dit que l’argent ne pousse pas dans les barbes?